Vers l’individualisation de la prise en charge

Au cours des dernières décennies, la médecine s’est radicalement transformée. Applications numériques, développements technologiques et autres nouveaux traitements ont brisé les codes de la prise en charge dite « classique » des patients. L’ouverture de la nouvelle Clinique de l’épaule du Centre Hospitalier de Mouscron (CHM) nous donne l’occasion de comprendre l’utilité des centres spécialisés qui fournissent de nouvelles méthodes de prise en charge.

Les techniques chirurgicales et médicales évoluant à une vitesse grand V, les cliniques spécialisées se sont naturellement imposées comme des acteurs indispensables au paysage hospitalier. « La médecine est devenue tellement complexe que l’expérience de niche particulière d’un médecin peut jouer un rôle bénéfique pour les patients. Nous tendons tout naturellement vers une surspécialisation des compétences médicales car il est impossible de tout savoir faire avec la qualité requise. Un chirurgien qui opère fréquemment le même type de pathologie le fera sans doute mieux qu’un médecin qui ne le fait que sporadiquement. », explique le Dr Philippe Lejeune, conseiller médical de santhea.

C’est ainsi que de nombreuses cliniques spécialisées se sont implantées au sein de différents sites hospitaliers. Pour preuve, le CHM vient d’inaugurer sa nouvelle Clinique de l’épaule. A la base de ce projet, un chirurgien orthopédiste de renom, le Dr Jean-François Labrique. Entouré d’une équipe de spécialistes, il a décidé de redistribuer les cartes de l’accompagnement du patient et ainsi de proposer une nouvelle méthode de prise en charge. Après avoir dûment complété un dossier préétabli et passé les examens médicaux nécessaires, une seule consultation avec le Dr Labrique suffira pour diagnostiquer la pathologie et prescrire un traitement adéquat. « Le but de ce trajet de soins, est de faire bénéficier au patient d'une prise en charge rapide, sans devoir attendre les délais souvent longs, de prise de rendez-vous pour examens complémentaires, et de la revue du patient par la suite », confie le Dr Labrique.

Les cliniques spécialisées couvrent de nombreux domaines et traitent donc des affections de tout type. C’est ainsi qu’en 2014, l’hôpital Vincent Van Gogh du Centre Hospitalier Universitaire de Charleroi a ouvert une clinique d’un nouveau genre, totalement inédite en Belgique : un Centre de réalité virtuelle. Grâce à la technologie 3D et en compagnie d’un clinicien, les patients sont amenés à faire face à leurs phobies afin de s’en accommoder pour finir par les faire complètement disparaitre.

Le Centre Hospitalier Universitaire Brugmann a quant à lui décidé de prendre en charge des troubles comportementaux bien précis grâce à sa Clinique du jeu et autres addictions comportementales. Depuis plus de 20 ans, une consultation spécialisée est proposée aux personnes addictes aux jeux de hasard et d’argent, aux achats, ou qui ont développé une dépendance à internet. Afin de garantir une prise en charge individualisée et complète, une équipe multidisciplinaire fournit une assistance psychologique, sociale, médicale et familiale aux malades ainsi qu’à leurs proches.

La pratique d’un sport, à un haut niveau ou à un niveau amateur, nécessite une prise en charge particulière. C’est pour cela que le Centre de médecine sportive du Centre Hospitalier Universitaire Ambroise Paré répond à de nombreuses demandes de terrain telles que la réathlétisation rapide et efficace, la recommandation de bonnes pratiques afin d’éviter toutes blessures ou encore l’évaluation des capacités physiques par exemple. Appareillages ultra-modernes et équipes médicales et paramédicales qualifiées font de ce centre, l’une des institutions incontournables en la matière.  

Les cliniques spécialisées permettent de répondre aux besoins des patients de manière efficace et ciblée. Elles innovent et jouent donc un rôle essentiel dans la prise en charge du patient. « Dans ce type de clinique, les soins sont davantage personnalisés et c’est ce que le patient apprécie. Il se sent compris et mieux pris en charge. C’est un environnement très sécurisant pour lui. Cependant, une telle prise en charge, ne doit pas mettre en péril l’approche holistique qu’il faut adopter avec le patient. Il ne doit pas être considéré comme un organe blessé mais comme une personne dans son entièreté. », conclut le Dr Philippe Lejeune.