Troubles alimentaires et obésité, des maux qui affectent aussi les plus jeunes

Certains enfants et adolescents entretiennent un rapport extrêmement complexe avec la nourriture. Les repas peuvent en effet être source d’angoisse pour certains et de dépendance pour d’autres. Situation compliquée à gérer pour les malades ainsi que pour leur entourage, les cas de troubles de conduite alimentaires et d’obésité nécessitent pourtant une prise en charge soutenue et encadrée. C’est notamment au sein d’unités spécialisées, entourés de soignants qualifiés que ces jeunes parviennent à remédier à leurs souffrances.

Les troubles des conduites alimentaires, aussi appelés les « TCA », peuvent prendre plusieurs formes dont les plus connues sont l’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie. Souvent rencontrés durant la période de l’adolescence (à quelques exceptions près) ces troubles peuvent persister jusqu’à l’âge adulte et ainsi générer de nombreux effets physiques et psychologiques néfastes s’ils ne sont pas rapidement traités. Compte tenu de cette problématique, le Centre Hospitalier Le Domaine a décidé de consacrer une partie de ses activités au traitement des TCA chez les adolescents. Comme nous l’explique le Dr Van Leer, spécialiste des troubles alimentaires au sein de l’établissement, les soignants appliquent une prise en charge axée sur une approche médicale factuelle : « Les patients dans cette tranche d’âges bénéficient d’une prise en charge basée sur la littérature et les recommandations scientifiques internationales avec un désir permanent d’adapter celles-ci à la lumière de l’évolution des modèles dits « basés sur des preuves ». Cette spécificité est selon moi essentielle mais trop souvent ignorée par beaucoup de soignants qui travaillent avec ces personnes (médecins, psychologues, infirmiers, …) ».

Ce type de maladies affectant de nombreux aspects de la vie de ces jeunes patients, des professionnels issus d’une multitude de spécialités médicales et paramédicales différentes les accompagnent et veillent également à inclure leur entourage dans la prise en charge. « Une autre particularité de notre établissement est la multidisciplinarité et la coordination des différents acteurs de soins dans une prise en charge globale, structurée mais toujours personnalisée à chaque situation clinique rencontrée. Dernière spécificité, l’intégration des familles au processus thérapeutique à tous les niveaux avec un soutien informatif (psycho-éducatif), supportif (encadrement de leur propre souffrance) et participatif (les impliquer activement dans la réalimentation, la reprise de poids et le soutien psychologique du jeune) », détaille le Dr Van Leer.

A l’ère du numérique, les outils digitaux peuvent se révéler être un choix judicieux pour accompagner un public jeune et « connecté ». C’est ainsi que « l’Unité Adolescent » de l’hôpital Erasme a décidé d’innover en adoptant l’application « Mandometer » pour ses patients souffrants d’anorexie mentale. Développée par des médecins suédois, elle permet de soutenir les malades dans leurs efforts et fournit également de précieuses données aux médecins. « Cette application est un outil très utile pour obtenir l’attention du patient tout en lui réapprenant à manger : il s’agit d’une balance connectée qui enregistre la perte de poids de l’assiette au cours du repas. Ce qui permet de connaître avec une grande précision la quantité de nourriture ingérée et la durée du repas. Par ailleurs, le patient est invité à indiquer son sentiment de satiété à plusieurs moments du repas. » explique le Pr Marie Delhaye, responsable de l’Unité Adolescent de l’hôpital, dans un communiqué de presse.

Dans certains cas, les TCA peuvent conduire à l’obésité de l’enfant ou de l’adolescent. Cependant, plusieurs autres facteurs, particuliers à chaque individu, peuvent favoriser son apparition dont : le mode de vie, l’éducation, l’environnement ou encore certaines causes médicales ou psychologiques. Les conséquences sont cependant semblables, ainsi ces jeunes peuvent souffrir de diabète, de maladies cardiovasculaires, de problèmes physiques ou encore de baisse d’estime de soi et d’isolement social. Le traitement de l’obésité infantile se révélant être une tâche tout aussi délicate que celle du traitement des TCA, il nécessite également un encadrement spécifique au sein d’établissements reconnus.

Le Centre Médical pédiatrique Clairs Vallons, par exemple, accueille des enfants atteints d’obésité sévère au travers d’un séjour résidentiel qui dure généralement un an. Tout comme au Centre Hospitalier Le Domaine, les proches sont invités à prendre part de manière active à la prise en charge du jeune patient, aux côtés d’une équipe pluridisciplinaire composée entre autres de pédopsychiatres, psychologues, psychomotriciens, thérapeutes familiaux, éducateurs et instituteurs. Scolarisés sur place, les enfants évoluent dans un milieu stimulant propice à un avenir prometteur : « Grâce à la prise en charge multidisciplinaire des enfants et adolescents souffrant d'obésité, ceux-ci voient l'évolution positive de leur condition physique. Mais au-delà de la question du corporel, c'est toute leur adaptation à la société qui s'améliore, à travers leur rescolarisation, l'acquisition de rythmes de vie plus structurés, le rétablissement de leurs capacités relationnelles et la création d'un nouveau réseau social, etc. », explique Aline Durand, attachée communication du Centre Médical pédiatrique Clairs Vallons.  

L’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola (HUDERF), quant à lui, dispose d’une unité spécialisée dénommée la « Clinique du Poids junior ». Articulé autour du patient, l’accompagnement s’adapte à ses besoins et à son degré de surpoids. Ce dernier est calculé par une diététicienne durant le premier entretien sur base d’une échelle de trois niveaux : la surcharge pondérale, l’obésité et l’obésité morbide. Au sein de cette unité, diverses solutions s’offrent aux jeunes patients, et ce, notamment au travers d’ateliers ludiques et éducatifs. D’ailleurs, toujours en quête de nouvelles pratiques visant à améliorer le bien-être et la santé de ses patients, l’HUDERF lance aujourd’hui un tout nouveau projet en collaboration avec Brussels Football, un organisme chargé de promouvoir le football bruxellois. Dès 2020, les enfants pourront suivre des ateliers de football sur-mesure. Activité dédiée à trois groupes de patients distincts, suivis à l’HUDERF, souffrant de surpoids, d’asthme ou de pathologies de santé mentale, elle s’ajoute à l’éventail d’ateliers déjà bien implémentés assurant une meilleure qualité de vie aux jeunes patients.

Pour finir, l’hôpital Léonard de Vinci a inauguré, il y a peu, un potager thérapeutique pour les enfants de la cellule « Poids de forme junior ». Encadrés par un animateur socio-culturel, ils peuvent prendre part à des activités de jardinage aux nombreux bienfaits. Grâce à cette activité, ils pratiquent non seulement de l’exercice physique mais apprennent également à manger plus sainement en utilisant les fruits et les légumes récoltés directement dans le potager pour les ateliers de cuisine parents-enfants.

Les TCA et l’obésité infantile sont des pathologies qui peuvent avoir des effets dévastateurs sur le bon développement et la santé des enfants et des adolescents. Il est donc primordial de les détecter et d’en assurer un suivi médical de qualité. Encadrés par des professionnels dévoués, les jeunes aspirent à un avenir serein grâce à une santé retrouvée.

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