Ateliers virtuels de santhea - Un an avec la COVID-19. Et après ?

Les 3 & 4 juin deniers, santhea a convié ses membres à des ateliers virtuels afin de réfléchir et à tirer ensemble les enseignements de la crise ainsi qu’à formuler des propositions concrètes pour le futur de notre système de santé. Durant ces deux jours, les conseillers de la fédération ont mené, selon leurs domaines d’expertise, six ateliers dont voici un bref compte-rendu.

Ateliers 1 - Gestion de crise, gestion de risque et catalyseur de changement

Une trentaine de participants ont épinglé les principales difficultés rencontrées par les institutions de soins lors de la crise sanitaire : un manque d’anticipation des autorités (plans d’urgence, stocks stratégiques), une gestion imprécise de la crise (manque de leadership, communication floue, indicateurs de suivi imprécis, compensation financière tardive, rôle discret de la Défense), une organisation obsolète du système de santé (intégration insuffisante, infrastructures non adaptées, manque de personnel qualifié), une évaluation controversée des risques (permettant la reprise des activités médicales normales et l’assouplissement des mesures de confinement) et un debriefing qui s’annonce compliqué (commissions parlementaires multiples, audits KCE). De nombreux points positifs ont aussi été mis en avant : partage de bonnes pratiques, dévouement du personnel soignant, maintien des soins urgents, organisation en réseaux, rôle des Provinces. Les participants forment le vœu que cette crise sanitaire qui a ébranlé le système de santé sans le rompre, constitue le catalyseur fécond d’une évolution positive.

Atelier 2 - La crise de la COVID-19 : Opportunité pour repenser entièrement l’accompagnement de nos aînés dans les collectivités résidentielles

Une vingtaine de participants ont échangé sur le système d’accompagnement des aînés afin qu’il corresponde mieux aux attentes et besoins des adultes âgés tout en tenant compte de la vie en communauté. Plusieurs thématiques ont été abordées comme : le projet institutionnel, le type de management, l’approche qualité, l’autodétermination ou encore la formation et le recrutement des professionnels de la santé. Cette rencontre virtuelle avec les acteurs de terrains a permis de dégager de nouvelles pistes de réflexion sur l’actualisation du financement des opérateurs et sur une révision conséquente des dispositions réglementaires afin de construire un modèle d’accompagnement respectueux des habitudes de vie et d’inscrire les établissements pour aînés dans un système intégré de santé.

Atelier 3 - Ne dites pas à ma mère que je suis infirmière, elle me croit chauffeur chez Uber ! » De l’attractivité de la profession infirmière

Une quinzaine de personnes (directeurs général, financier, ressources humaines, infirmiers, juristes et conseillers dans le domaine de la concertation sociale et de la classification des fonctions), ont animé le débat en interrogeant le contexte hospitalier. La question de la présence et de l’efficacité du personnel infirmier est posée en regard de ses attentes et de prestations simultanées en d’autres lieux de travail. Conséquence du niveau de rémunération du personnel infirmier ? Et/ou de la revendication légitime d’un minimum de confort sur le lieu de travail, pour un meilleur équilibre « vie privée et vie professionnelle », dans le respect de la législation sur le temps de travail ? Quelle est la réalité de l’hôpital ? Sommes-nous en capacité de planifier le temps de travail, en donnant des sursalaires ? Le mode de financement actuel « à la justification » est-il compatible avec les réalités et les incertitudes du terrain ? Une réflexion profonde doit être lancée sans tarder sur la recherche d’un cadre collectif d’attractivité : marketing, intérêt commun et attentes des travailleurs, démultiplication des métiers de soins et caractère pluridisciplinaire des équipes, valeur ajoutée du travail infirmier, déficits majeurs en personnel de certains services, formation, cadre juridique, besoins en personnel, fonctions d’adjoints, plaisir au travail, qualité des soins…Allons au fond de l’analyse. Avec la crise, n’oublions pas que nous sommes passés de « ce n’est pas possible » à « faites ce que vous pouvez ». Où se cache la vérité ?

Atelier 4 - Le système actuel de financement des institutions de soins a-t-il atteint ses limites ?

L’atelier concernant la thématique du financement a réuni une trentaine de personnes aux profils variés (directeurs généraux-médicaux-financiers-infirmiers d’hôpitaux, mutualités, INAMI, etc.). L’objectif de notre atelier était double : discuter des mesures relatives au financement mises en place durant la crise ainsi qu’aborder, dans une réflexion plus large, la réforme du financement. Il semble évident pour de nombreux participants qu’il faudrait prévoir un système de financement spécifique « de crise » indépendant de l’activité. Celui-ci aurait l’avantage d’être prévisible et d’amoindrir les préoccupations financières durant la crise elle-même. De manière plus générale, il est proposé que le financement soit composé d’un socle fixe et d’éléments variables. Aussi une attention particulière est portée au financement des services d’urgences, des soins intensifs et de la permanence intrahospitalière. Une des grandes préoccupations actuelles, qui fait suite à la crise, réside dans l’attractivité de l’hôpital vis-à-vis du personnel soignant mais aussi vis-à-vis des médecins.

Atelier 5 - La crise de la COVID-19 : l’occasion d’améliorer l’accès aux soins de santé mentale

Une quinzaine de personnes ont participé à l’atelier afin de réfléchir aux pistes favorisant une meilleure accessibilité aux soins de santé mentale. De manière générale, la crise a montré la nécessité des dispositifs en santé mentale qui fassent preuve de flexibilité et de proximité vis-à-vis des bénéficiaires. Les modèles de financement et les normes actuelles en personnel ne permettent pas suffisamment de rencontrer cette exigence de flexibilité et n’encouragent pas la collaboration entre les structures de soins. Les participants ont également pointé la nécessité d’organiser les soins à un niveau local, les réseaux 107 étant reconnus comme ayant une taille adéquate pour une prise en compte des besoins de proximité. Il a également été relevé la nécessité d’investir dans l’E-santé mentale et les possibilités de consultation à distance, même si une évaluation devrait être réalisée, la crise a montré que ces dispositifs pouvaient répondre à certains besoins.

Atelier 6 - Vers un système de santé plus intégré?: comment améliorer la coordination entre les différentes lignes et structures de soins??

Plus de vingt participants ont animé les discussions de cet atelier qui est d’abord revenu sur les expériences tirées au plus fort de la crise de la COVID-19 en matière de soins intégrés. Des carences ont été constatées (dans l’interaction avec les infirmiers.ières à domicile par exemple) mais plusieurs initiatives ont bien fonctionné ou ont même pris un nouvel élan (collaboration avec les MR/S, les cercles de médecine générale, les services de soins à domicile). Ces constats valent surtout pour des périmètres tels que la commune ou la province. La question se pose dès lors, et reste ouverte, de déterminer à quel niveau devrait s’organiser les soins intégrés : région, sous-région, province, commune ? Il est néanmoins clair que cela devrait partir de la base, en considérant les besoins du patient, et non imposé par le haut. Le patient est au centre et il faut veiller à effectivement intégrer en sa faveur le travail des différents acteurs de soins, entre qui une communication constante est cruciale, et non à simplement juxtaposer leurs activités. Les intervenants ont aussi admis que tout ne devrait plus tourner autour de l’hôpital, qui aurait certes sa juste place dans le système intégré, mais ne serait plus considéré comme l’acteur principal ayant une sorte de primauté sur les autres. Cela ne signifie pas pour autant, qu’il faille à tout prix sortir au plus vite le patient de l’hôpital, sans avoir vérifié au préalable que sa prise en charge à domicile est possible dans des conditions assurant les meilleurs soins possibles. Il faudra aussi veiller à mettre en place une intégration des soins pour tous et non pour les seules couches les plus privilégiées de la population.

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